Sûreté renforcée dans la capitale camerounaise après les attentats à la bombe

À Yaoundé, la capitale, les autorités camerounaises ont déployé des troupes pour repérer les hommes armés qui selon elles, tentent de déstabiliser le gouvernement.  Plusieurs bombes ont explosé à Yaoundé au cours des deux derniers mois, faisant au moins 22 blessés. Certains responsables laissent entendre que les partis d’opposition sont derrière ces attaques.

Lundi, lors d’une réunion dans la capitale, les dix gouverneurs régionaux du Cameroun ont convenu qu’il fallait faire face à la multiplication des attentats à la bombe dans la ville.

Naseri Paul Bea est le gouverneur de la région Centre du Cameroun, qui englobe Yaoundé.

Il a déclaré que depuis un an, il ne se passe guère de semaine sans qu’on procède à des arrestations pour possession illégale d’armes ou pose de bombes dans des lieux publics.

De plus, il a déclaré que les forces de sécurité qu’il a déployées effectueront des inspections systématiques dans les zones accueillant des suspects. M. Bea a déclaré que les personnes et les véhicules seront systématiquement contrôlés à tous les points d’entrée et de sortie de Yaoundé. Il a ajouté qu’ils ont également interdit aux gens d’emporter des sacs et des paquets de grande taille dans les lieux populaires et les bâtiments publics.

Bea n’a pas dit combien de troupes supplémentaires ont été déployées à Yaoundé mais, les habitants ont noté une augmentation des points de contrôle de la police.

Les conflits séparatistes se poursuivent dans l’ouest du Cameroun tandis que les militants de Boko Haram sont actifs à la frontière nord. Cependant, les gouverneurs n’ont pas blâmé un groupe spécifique pour les menaces à la sécurité.

En revanche, le président de la chambre basse du parlement camerounais, Cavaye Yegui Djibril, a lié lundi les attentats à la bombe dans la capitale à l’opposition politique.

Il a déclaré aux législateurs qu’ils devaient se prémunir contre les plans visant à déstabiliser le pays.

Djibril a déclaré que quiconque veut être président devrait attendre la prochaine élection présidentielle en 2025 au lieu de déclencher la violence.

L’opposition nie tout rôle dans les attentats et a demandé au gouvernement d’enquêter.

Cependant, le chef du Parti socialiste démocratique du Cameroun, le prince Ekosso, a déclaré que ceux qui en avaient assez du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, pourraient prendre les armes.

« Ce régime, depuis 38 ans maintenant, s’est concentré à détruire les voix de l’opposition dans ce pays. Lorsque les partis d’opposition se soulèvent, le régime se concentre sur l’étouffement des idées de l’opposition, créant des situations qui continuent à contrarier le peuple camerounais.

Déclare Ekosso.

À ce jour, le gouvernement camerounais n’a encore accusé aucun groupe suspect d’être derrière les personnes arrêtées avec des armes ou du matériel servant à fabriquer des bombes.

Leonard Ejani Kulu, analyste politique de l’Université de Dschang, a déclaré que les responsables prennent soin de ne pas accuser l’opposition MRC ou les séparatistes anglophones, qui se disent ambazoniens.

« Imaginez simplement une situation où cette allégation est faite contre le parti MRC, quelles en seront les répercussions ? Imaginez simplement que cette allégation soit faite contre les combattants ambazoniens. Ce sera que les Ambazoniens parviennent à pénétrer dans Yaoundé et cela peut donner une sorte de stigmatisation parmi les francophones et les anglophones ».

A-t-il dit

L’analyste de la sécurité et ancien porte-parole militaire Didier Badjeck a déclaré que, quel que soit le responsable, le gouvernement devrait négocier une fin pacifique aux problèmes de sécurité.

Ses propos ont été tenus sur les médias d’État que sont la Radio-Télévision camerounaise (CRTV).

Badjeck a déclaré qu’il est impératif que le gouvernement enquête sur les questions politiques et/ou idéologiques qui poussent les gens à recourir aux armes pour résoudre leurs problèmes. Il a déclaré qu’une solution politique au défi de la sécurité est préférable à une solution militaire, qui ne peut que créer plus de chaos.

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