Roger Milla : Légende du football, lance le Noma Fund au niveau international pour éradiquer la maladie du Noma

Une fois de plus, l’ancienne star mondiale du football Roger Milla a lancé le Fonds Noma pour aider à mettre fin à la mort de près de 140 000 enfants.

Avec le lancement international du Fonds Noma, l’ancien footballeur Roger Milla lance un appel pour mobiliser le monde, y compris le Royaume-Uni, dans la lutte contre le Noma.

Maladie peu connue du grand public, le Noma tue chaque année près de 140 000 enfants dans le monde entier, laissant des séquelles mutilantes sur le visage des quelques survivants. Comme la mise en œuvre de mesures simples suffirait à éradiquer ce fléau, Roger Milla appelle la communauté internationale à sensibiliser le public et invite les citoyens du monde entier à signer trois pétitions.

Présent en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, le Noma est une maladie infantile qui touche principalement les enfants âgés de deux à six ans, issus des populations les plus pauvres.

Propagé par une malnutrition sévère et des problèmes d’hygiène bucco-dentaire, il entraîne une gangrène de la bouche et du visage, conduisant au décès de l’enfant dans 90% des cas. Nomen, le mot grec dont le Noma tire son nom, signifie « dévorer », évoquant lui-même toute l’horreur de la maladie.

La plupart des 10 % de survivants du Noma restent marqués à vie, le plus souvent condamnés à l’exclusion sociale et à de terribles souffrances physiques.

« Je pensais avoir vu beaucoup de souffrance dans le passé. En 2018, lorsque j’ai rencontré un enfant atteint du Noma, je ne pouvais plus continuer ma vie comme avant. Cette maladie est d’autant plus injuste qu’il existe des moyens d’y mettre fin. En Europe, elle a été éradiquée au début du XXe siècle, avant d’être reléguée aux oubliettes ».

Roger Milla.

Chaque année, l’OMS signale 140 000 cas de Noma dans le monde. Mais pour estimer l’ampleur réelle du fléau, il faut en fait multiplier ce chiffre par cinq, car la majorité des patients ne sont pas pris en compte dans les statistiques officielles. Cependant, une meilleure connaissance de la maladie et une politique de prévention efficace pourraient rapidement réduire le nombre de décès causés par le Noma.

Un enfant infecté peut être sauvé grâce à un simple traitement antibiotique, à condition qu’il soit administré dès les premiers stades de la maladie. Il est donc essentiel de savoir reconnaître les signes avant-coureurs, tels que l’apparition de lésions autour de la bouche, évoluant en oedème facial, une haleine putride, des ganglions lymphatiques gonflés et une forte fièvre.

C’est pourquoi le Noma Fund, une association à but non lucratif créé en 2019, est le fer de lance de la sensibilisation. Aux côtés de Roger Milla, fondateur et président, l’ancien gardien de but international Joseph Antoine Bell et le Dr Georges Barthélémy Nko Ayissi, épidémiologiste, sont au cœur de la Fondation.

Aujourd’hui, d’autres légendes du football africain, comme François Oman-Biyik et Patrick Mboma, les ont rejoints, acceptant de parrainer leur militantisme.

À l’occasion du sommet du G20 les 21 et 22 novembre, le Fonds Noma lancera officiellement sa campagne mondiale : « Agir contre le Noma 2021-2030 ». Afin de sensibiliser les décideurs mondiaux, les citoyens du monde entier sont invités à signer trois pétitions, sous forme d’appels à la communauté internationale :

  • Pétition n° 1 : un appel au G20 et aux chefs d’État des Nations unies pour mettre fin à la tragédie des enfants atteints du Noma en inscrivant la lutte contre la maladie à l’ordre du jour international.
  • Pétition n° 2 : un appel à la gratuité des soins pour les enfants atteints du Noma.
  • Pétition n° 3 : un appel à l’Assemblée générale des Nations unies pour qu’elle reconnaisse l’urgence sanitaire liée à la maladie du Noma.
  • Le point culminant de la campagne sera la présentation des pétitions aux chefs d’État le 11 janvier. L’objectif est d’atteindre plus de 140 000 signatures d’ici cette date, symbolisant les 140 000 enfants touchés par le Noma dans le monde entier.

Dans le cadre de ce plan, le Fonds Noma entend mettre en œuvre des actions préventives sur le terrain contre la maladie dans le but de sensibiliser au moins 80 % des populations cibles dans les régions concernées.

La seconde initiative sera la construction du premier hôpital africain de référence à Yaoundé (Cameroun). Cet établissement unique en son genre offrira des soins chirurgicaux et de réadaptation gratuits aux victimes du Noma.

Des centres de premiers secours et de réinsertion sociale seront également développés dans dix autres pays africains : Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée équatoriale, Liberia, Nigeria, Tchad, Togo, RDC et Sénégal.

Ceux-ci auront pour mission de prendre en charge les patients atteints du Noma avant leur admission à l’hôpital et après leur opération.

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