Nigeria- Dissolution du SARS dans le pays

Après une forte mobilisation des jeunes et des artistes face aux violences policières, les autorités nigérianes ont été amenées à dissoudre une unité de police très controversée.

« La Brigade spéciale de répression des vols – Special Anti-Robbery Squad (SARS) a été dissolue avec effet immédiat »

C’est ce que la présidence de la république a posté sur son compte Twitter.

C’est quoi la SARS ?

Special Anti-Robbery Squad (SARS) est une unité de la police nigériane qui relève du département des enquêtes criminelles. Cette escouade a été fondée en 1992 après le décès d’un colonel de l’armée nigériane, ce dernier avait été tué par des policiers. Après cette incident, les éléments du SARS, ont commencé une chasse à l’homme contre ce policier entrainant la fuite de plusieurs officiers de police et vu que ces derniers c’étaient retirés des points de contrôle, le taux de criminalité avait augmenté le SARS va ainsi prendre les commandes avec seulement 15 officiers. En 2009, après plusieurs années d’opérations, l’équipe a augmenté en nombre et en force à cause du nombre de fraudeurs sur internet qui avaient augmenté et surtout à cause de l’organisation de culte dans les universités. Alors qu’ils infiltraient les universités, des arrestations ont été faites avec succès mais c’était sans compter des harcèlements de jeunes innocents et d’après un site nigérian, le SARS devenait déjà un fléau pour la nation car certaines de ces arrestations devenaient arbitraire car on parle notamment des arrestations de citoyens en dreadlocks, avec des piercings et même ceux qui avaient des téléphones couteux.

En mai 2010, Amnesty International déclarait qu’elle poursuivrait la police nigériane pour atteinte aux droits de l’homme en affirmant que le SARS avait arrêté et détenu trois cyclistes qu’ils battaient chaque nuit. Un rapport de l’éditorial du Sahara Reporters publié en juillet 2010 expliquait avec détail comment le SARS tirait près de 9,35 milliards de naira des barrages routiers et surtout des extorsions. Le 3 juin 2011, la police nigériane découvre qu’un membre du SARS, Musa Agbu avait tenté de bombarder le quartier général parce que l’IGP Hafiz Ringim avait sabordé son ambition.

Le SARS a été accusé de plusieurs autres maux dans les années qui suivaient, notamment du décès d’une femme enceinte après qu’ils ont effectué un raid pour arrêter plusieurs ravisseurs et c’est une balle perdue qui touchera la jeune maman qui va mourir sur le coup, et toujours dans la même année, c’est-à-dire en 2019, quatre membres du SARS ont été arrêtés et inculpés pour meurtre après avoir été surpris en train de malmener un citoyen. Le 5 septembre 2019, certains membres de cette brigade auraient enlevé, torturé et volé le rappeur nigérian Ikechukwu Onunaku et d’après certaines publications de Runch Nigeria, ces membres ont contraint le rappeur de faire plusieurs retraits.

Une victoire pour les populations

Cette dissolution est considérée par les manifestants comme une victoire car ils n’ont eu de cesse de descendre dans les rues d’Abuja pour dénoncer les malversations, extorsions et arrestations illégales du SARS. C’est après une vidéo sur les réseaux sociaux démontrant comment les présumés agents du SARS tuaient un homme à Ughelli dans l’État du Delta, que les contestations ont commencé et de nombreuses célébrités nigérianes tels que Davido et Wizkid se sont engagés dans ce mouvement, ce qui a contribué à sa propagation.

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