Histoire : En septembre 1999, étape ultime du processus de rapprochement algéro-marocain.

Les relations entre le Maroc et l’Algérie sont rythmées par une brève phase de concertation, aussitôt balayée par de fortes tensions entre les deux pays voisins riverains. Ainsi, on peut citer comme exemple la « trêve » survenue entre avril et septembre 1999.

Cette trêve a vu l’éclatement, le 29 septembre 1999, avec l’apparition des tensions opposant le Maroc et l’Algérie. Des soldats issus de l’armée algérienne se sont introduits sur le territoire marocain en quête de soi-disant adhérents du Groupement islamique Algérien. Suite à cet acte, une protestation silencieuse du royaume s’est élevée par le biais des canaux diplomatiques traditionnels, surtout que deux hélicoptères de l’armée de l’air avaient plané au-dessus de la région de Figuig 18 mois plus tôt.

En revanche, le président Abdelaziz Bouteflika a jugé nécessaire de faire preuve d’un peu plus de fermeté et a rendu publique sa réponse au roi Mohammed VI. Ce dernier nie toute responsabilité vis-à-vis des allégations marocaines. Le souverain est « doté de prérogatives suffisantes pour prendre les mesures appropriées pour défendre la souveraineté du Maroc », a déclaré M. Bouteflika de façon peu diplomatique voire offensive.

« Je suis indigné et déçu par certains comportements que votre majesté ne peut accepter », a-t-il déclaré. Pour certains Marocains, il s’agit d’une allégation du ministre Driss Basri, soupçonné de fournir des armes au GIA et qui sera démis de ses fonctions le 9 novembre de la même année.

Un retour à la ligne de départ

Le 27 avril 1999, Abdelaziz Bouteflika a pris le pouvoir, mettant ainsi fin à des mois de collaboration entre les deux Etats. De plus, il faisait de la standardisation des relations avec le Maroc et de la réouverture des frontières terrestres (fermées en 1994) un des axes prioritaires de son action. Dans cette optique, il a eu plusieurs échanges de lettres avec le Roi Hassan II.

Ainsi en juin de la dite année, le monarque envoya sur place son ministre d’État à l’Intérieur, Driss Basri, à Alger, où il transmit un message au président Bouteflika. À l’époque, les médias marocains faisaient des éloges sur le nouvel occupant du palais Al Mouradia. « Un diplomate chevronné avec une vraie surface : celle d’un homme d’État », pouvait-on lire dans le magazine Maroc Hebdo, à cette époque proche de Basri.

Sur la base de ces entretiens écrits naquit le projet d’un sommet entre les deux chefs d’État en septembre 1999, bien que le destin en décide autrement. Ce qui n’empêcha pas le président Bouteflika de se rendre aux obsèques d’Hassan II en compagnie des présidents Jacques Chirac et Bill Clinton pour poursuivre la voie du dialogue avec le Maroc.

Néanmoins, ce fut sous la pression de l’armée algérienne, dont l’enthousiasme de M. Bouteflika finira par être vaincu. Mi-août 1999, un attentat à Beni Ounif près de Béchar (900 km au sud-ouest d’Alger), qui fait 29 morts et qui est immédiatement imputé à des responsables du GIA, attise la colère de la presse algérienne, qui accuse le Maroc d’être à l’origine de l’opération. Après une guerre de mots entre les deux capitales, le retour au point de départ du conflit fut marqué par le président Bouteflika dans sa lettre au roi Mohammed VI.

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