Des travailleurs étrangers, majoritairement chinois, fuient les violences post-électorales en RCA

Li Yu, 43 ans, se dit le porte-parole des travailleurs chinois qui ont fui les violences post-électorales en République centrafricaine pour se réfugier au Cameroun.   

Il affirme que 152 commerçants, ingénieurs en construction et ouvriers chinois travaillant sur des sites miniers ont fui au Cameroun la semaine dernière.   

Li dit que des groupes rebelles armés ont commencé à menacer les travailleurs des mines chinoises après les élections du 27 décembre en RCA.  Il affirme que la situation a empiré pendant la première semaine de janvier, lorsque des groupes d'hommes lourdement armés ont commencé à fouiller leurs maisons, à piller et à demander à tous les citoyens chinois de partir ou de se faire tuer.  Li se dit heureux que le Cameroun soit hospitalier pour eux. 

Il ajoute que plus de 60 Chinois travaillaient sur des sites miniers en RCA et que certains d'entre eux ont traversé la brousse pendant des jours avant d'arriver au Cameroun.   

D'après lui, certains travailleurs chinois et étrangers ont été aidés jusqu'à la frontière par les militaires de la République centrafricaine.   

Quant aux autorités camerounaises, elles affirment que plus de 250 travailleurs étrangers en RCA sont passés au Cameroun au cours de la semaine dernière. 

Le ministre camerounais de l'administration territoriale, Paul Atanga Nji, a rendu visite aux travailleurs en fuite dimanche à Garoua Boulay.  

Nji affirme que le président camerounais Paul Biya l'a dépêché à la frontière pour assurer leur sécurité et leur apporter de l'aide. 

Il précise que M. Biya lui a demandé de s'assurer que tous les travailleurs étrangers qui fuient les violents affrontements en RCA sont en sécurité au Cameroun, en particulier les Chinois.  Nji dit que les matelas, la nourriture et les produits de premiers secours qu'ils distribuent proviennent de Biya pour aider les travailleurs fuyant à Garoua Boulay.  

L'armée camerounaise aidera à transporter les citoyens chinois qui veulent se rendre à leur ambassade dans la capitale, Yaoundé. Depuis décembre, 4 500 civils ont fui les violences électorales en RCA pour se réfugier à Garoua Boulay, a indiqué M. Nji.

Selon lui, ces violences ont également bloqué près de 2 000 camions à Garoua Boulay, qui tentaient de se rendre de Douala, ville côtière du Cameroun, à Bangui, capitale de la RCA.   

La mission de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine, la MINUSCA, a déclaré dimanche que la violence augmentait de façon alarmante.   

En effet, 4 000 civils des villes de Bouar et Grimari ont fui les combats entre les rebelles et les troupes pour se réfugier dans l'église catholique de Bouar. 

Le chef d'état-major de la défense camerounaise, le général René Claude Meka, s'est rendu la semaine dernière à Garoua Boulay.  Dimanche, il a déclaré que les renseignements du Cameroun indiquaient que les rebelles de la RCA se dirigeaient vers la frontière. 

Meka déclare avoir visité la frontière orientale du Cameroun avec la RCA pour s'assurer que les troupes appliquent strictement les mesures de protection des civils contre les troubles en RCA.  Il se dit heureux que les militaires assurent la sécurité du côté camerounais de la frontière en veillant à ce que les rebelles et les armes ne s'infiltrent pas au Cameroun. 

La violence a éclaté en RCA lors de l'élection présidentielle du 27 décembre, qui a vu la réélection de Faustin-Archange Touadera avec plus de 53% des voix. 

Le gouvernement centrafricain accuse l'ancien président François Bozize, dont la candidature à l'élection présidentielle a été rejetée, de tentative de coup d'Etat.   

Il nie avoir organisé les attaques des rebelles de décembre, qui ont été repoussées par les troupes de l'ONU.   

En raison des violences, la coalition de l'opposition de Bozize a demandé le report des élections, mais le gouvernement est allé de l'avant avec les élections. 

Depuis 2013, la violence entre groupes armés a déplacé près de 700 000 personnes à l'intérieur de la République centrafricaine et en a forcé plus de 600 000 à fuir, la plupart vers les pays voisins, le Cameroun, le Tchad et la République démocratique du Congo. 

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