Dans une vidéo, le cardinal de 90 ans déclare aux ravisseurs : « Je vais prêcher la vérité ».

La semaine dernière, lorsque le cardinal Christian Tumi âgé de 90 ans a été interrogé en captivité par des séparatistes armés au Cameroun, il a calmement dit à ses ravisseurs qu’il avait été appelé par Dieu à ne prêcher que la vérité.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 7 novembre, on peut voir une conversation qui a eu lieu alors que le cardinal Tumi était retenu toute la nuit par des milices séparatistes alors qu’il traversait la région du nord-ouest du Cameroun.

Sur cette vidéo, l’un des ravisseurs de Tumi a confronté le cardinal à ses appels aux combattants camerounais pour qu’ils déposent les armes, puis lui a demandé de partager le message des séparatistes avec le public.

Le cardinal a répondu à cette demande :

« Je prêcherai ce qui est la vérité avec une conviction pastorale et une conviction biblique. Personne n’a le droit de me dire de prêcher le contraire parce que j’ai été appelé par Dieu. Quand je parle, je parle comme un pasteur et cela, je ne peux jamais cesser de le faire. Si j’arrête de le faire, alors je ne serai pas fidèle à Dieu, le Tout-Puissant ».

A déclaré le cardinal Tumi

Tumi voyageait avec 12 autres personnes, dont un dirigeant local, Fon Sehm Mbinglo I, de Bamenda à Kumbo le 5 novembre, lorsqu’ils ont été interceptés par des hommes armés appartenant à des milices séparatistes à Bamunka, un village de la région nord-ouest du Cameroun. Il a été libéré par les combattants séparatistes le jour suivant.

L’enlèvement de l’archevêque émérite de Douala est intervenu dans le cadre d’un conflit entre les séparatistes et les forces gouvernementales dans les territoires anglophones de la région du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun. Les tensions se sont intensifiées après que des enseignants et des juges francophones ont été envoyés travailler dans les régions anglophones historiquement marginalisées en 2016, et le conflit a été connu sous le nom de « crise anglophone ».

Le cardinal Tumi s’est employé à rechercher une résolution pacifique de la crise par le dialogue après sa retraite en tant qu’archevêque de Douala.

À un moment donné, Tumi a déclaré aux séparatistes « Nous nous battons tous pour la paix … même vous. »

Tumi a contribué à la création de la Conférence générale anglophone, un cadre de dialogue entre toutes les parties au conflit anglophone.

Les causes de la crise camerounaise sont le conflit entre les zones anglophone et francophone du Cameroun. La région était une colonie allemande à la fin du XIXe siècle, mais le territoire a été divisé en mandats britannique et français après la défaite de l’Empire allemand lors de la Première Guerre mondiale. Les mandats ont été réunis en un Cameroun indépendant en 1961.

Quant au cardinal Tumi, il est né en 1930 dans ce qui est aujourd’hui le nord-ouest du Cameroun et a exercé les fonctions d’évêque dans les régions francophones du pays à partir de 1979. Il a été président de la conférence des évêques du Cameroun de 1985 à 1991.

Il existe aujourd’hui un mouvement séparatiste dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, qui étaient auparavant les régions britanniques du Cameroun.

Cette violence s’est intensifiée en octobre lorsque des hommes armés ont attaqué le 24 octobre l’Académie Internationale Bilingue Mère Francisca, une école de Kumba dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, et ont ouvert le feu sur des élèves dans une salle de classe. Sept élèves âgés de 12 à 14 ans ont été tués, selon Reuters.

Pendant son enlèvement, l’un des séparatistes a demandé à Tumi, dans la vidéo, de dire au public et au gouvernement camerounais que « nous ne déposerons jamais les armes avant d’être libres parce que nous nous battons pour nos droits ».

Le cardinal a répondu :

« Je suis un citoyen camerounais comme vous. Je ne fais pas partie du gouvernement. Je suis totalement indépendant … Je ne suis pas le porte-parole du gouvernement et je ne suis pas employé par le gouvernement. Si vous avez mal agi, je vous dirai que vous avez mal agi ; si le gouvernement a mal agi, je dirai qu’il a mal agi. »

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