Côte d’Ivoire : la police encercle les maisons des leaders de l’opposition

Suite à l’accusation de sédition lancée par le gouvernement contre deux des principaux rivaux du président Alassane Ouattara, la police ivoirienne a encerclé mardi les maisons de ces derniers pour avoir créé une administration parallèle au mépris de la victoire écrasante de M. Ouattara lors des élections de samedi.

Dans l’immédiat, il n’a pas été possible de savoir si quelqu’un a été arrêté. Mais ces mesures ont aggravé l’impasse dans laquelle se trouvait la candidature du président pour un troisième mandat, qui a coûté la vie à plus de 35 personnes depuis le mois d’août, dont au moins cinq le jour de l’élection, samedi.

Devant la résidence de l’ancien président Henri Konan Bedie, dans la capitale commerciale Abidjan, des officiers ont lancé des bombes lacrymogènes pour disperser ses partisans et les journalistes.

De même, la maison d’un autre candidat de l’opposition, l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan, a été encerclée par la police, a déclaré sa femme.

« Nous sommes à la maison avec le personnel de maison. Les gendarmes ont encerclé la maison et nous ne pouvons pas partir ».

A déclaré l’épouse d’Affi N’Guessan, Angeline Kili.

Par ailleurs, la maison d’Assoa Adou, le chef d’un parti qui soutient l’ancien président Laurent Gbagbo, a été encerclée par la police, selon un témoin.

Aucune réaction immédiate des autorités n’a été enregistrée à ce sujet.

Samedi, Bedie et Affi ont boycotté l’élection, arguant que la candidature de M. Ouattara pour un troisième mandat était inconstitutionnelle.

Alors que la commission électorale s’apprêtait à confirmer la victoire de Ouattara, ils ont annoncé, tard dans la journée de lundi, la mise en place d’un « conseil de transition », présidé par Bédié.

À cette occasion, le gouvernement a déclaré qu’il condamnait « dans les termes les plus forts cet acte de sédition » et a demandé aux procureurs d’engager une procédure pénale.

Ce litige fait suite à une campagne marquée par de violents affrontements entre les partisans et les opposants de M. Ouattara, qui ont fait craindre des troubles à plus long terme. Plus de 3 000 personnes ont été tuées au cours d’une brève guerre civile qui a suivi les élections de 2010 qui ont porté M. Ouattara au pouvoir.

Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, les tensions électorales ont provoqué la fuite de 3 200 réfugiés ivoiriens vers les pays voisins, dont 1 000 sont arrivés au Libéria la veille.

Dans une déclaration commune, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine et les Nations unies ont appelé l’opposition à abandonner l’idée d’un conseil de transition et à engager un dialogue avec le gouvernement.

À la fin, M. Ouattara a remporté l’élection avec 94,27% des voix, selon les résultats provisoires annoncés par la commission électorale. Il affirme qu’une nouvelle constitution approuvée en 2016 lui a donné le droit de se représenter malgré la limitation à deux mandats.

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