Cameroun : une centaine de personnes déplacées après que les séparatistes aient tué leur chef local. 

Des centaines de villageois ont déserté un village de la région anglophone du sud-ouest du Cameroun après que des rebelles aient attaqué, tué leur chef et incendié son palais vendredi soir. Les civils en fuite demandent de l’aide dans les villes voisines. L’incident a eu lieu un jour après l’enlèvement d’un autre chef anglophone. Nous ignorons toujours où il se trouve.

Issu de Liwu La-Malale, dans la région anglophone du sud-ouest du Cameroun, Isaac Njoh, 52 ans, un marchand d’huile de palme, a fui après que des rebelles lourdement armés aient attaqué le village et incendié la résidence du chef.

Ce dernier se trouvait à une réunion avec son chef traditionnel lorsque des hommes lourdement armés ont attaqué et ont commencé à tirer en l’air. Il explique que les hommes armés ont mis le feu aux bâtiments du palais, mais que les villageois ont pu s’échapper en toute sécurité.

Selon Malomba Esembe, représentant de la région à l’Assemblée nationale du Cameroun, les rebelles ont massacré Molinga Francis Nangoh, chef du village de Liwu La-Malale.

« C’est un nouvel affront à la vie sacrée de l’homme, à la solennité des institutions traditionnelles et à la douleur d’un peuple qui pleure encore ses enfants qui ont été méchamment assassinés à Kumba le 24 octobre. Je suis troublé par cette nouvelle et je transmets par la présente mes plus sincères condoléances au peuple de Liwu La-Malale. Je condamne très fermement cet acte de méchanceté car une autre vie perdue est une vie de trop ».

Malomba Esembe

De son côté, le gouvernement camerounais a confirmé le meurtre et a accusé les combattants séparatistes. Personne n’a revendiqué cet acte.

À cette occasion, Bernard Okalia Bilai, gouverneur de la région du Sud-Ouest, a appelé au calme et a déclaré que l’armée avait été déployée pour sécuriser la zone et trouver les tueurs. Il a demandé aux civils en fuite de revenir.

De plus, le ministre camerounais de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji, a tenu une série de réunions en septembre et a demandé aux chefs qui ont fui les conflits séparatistes de retourner dans leurs palais.

À en croire Atem Ebako, chef du village anglophone de Talangaye dans le sud-ouest du pays, l’attaque d’un chef et l’incendie de son palais vont dissuader les chefs traditionnels de retourner dans leurs villages pour participer aux élections régionales du 6 décembre, comme l’a demandé le gouvernement.

« Le ministre nous a clairement fait comprendre qu’on ne verrait pas bien que les élections régionales à venir dont les vrais acteurs sont les chefs, qu’un tel événement a lieu et que les chefs sont à l’extérieur. Que le gouvernement va mettre en place un paquet pour accompagner les chefs vers leurs palais et nous nous attendons toujours à ce que cela se produise ».

Atem Ebako

De plus, les chefs soupçonnés de collaborer avec le gouvernement central de Yaoundé pour combattre les rebelles ont été victimes d’attaques de la part de présumés rebelles depuis l’aggravation du conflit en 2017.

Au moins 11 chefs de village ont été tués et 17 ont été enlevés et libérés depuis le début du conflit. Des centaines d’entre eux se sont échappés vers des localités plus sûres et ont commencé à regagner leurs palais en septembre lorsque le gouvernement les a assurés de leur sécurité.

En septembre, le gouvernement les a assurés de leur sécurité. Certains chefs ont commencé à créer des milices armées pour se protéger contre les séparatistes pour la première fois.

Cependant, le gouvernement a demandé aux milices créées par les chefs de collaborer avec les troupes gouvernementales en informant les militaires de tout mouvement ou visiteur étrange dans leurs villages, mais les groupes séparatistes sur les réseaux sociaux ont promis de tuer les chefs qui créent des milices. Les séparatistes ont déclaré que tout chef qui collabore avec le gouvernement central à Yaoundé ne trouvera pas la paix s’il rentre chez lui.

Ainsi, le 5 novembre dernier, Sehm Mbinglo, chef traditionnel du peuple Nso qui rentrait dans son palais après deux ans d’absence, a été enlevé. Le cardinal Tumi, qui accompagnait Mbinglo, a également été enlevé, mais a été libéré par la suite. Les coordonnées actuelles de Mbinglo nous sont inconnues.

Depuis 2017, les rebelles se battent pour créer un État indépendant et anglophone dans les régions occidentales du Cameroun.

Au moins 3 000 personnes ont été tuées et 550 000 déplacées, selon les Nations Unies.

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