Cameroun : refus des observations faites par l’ONU sur l’assignation à résidence du leader de l’opposition

Ce jeudi, le Cameroun a qualifié de « partiaux » les commentaires des experts de l’ONU affirmant que le principal leader de l’opposition Maurice Kamto était assigné à résidence, et accusant Yaoundé de « force excessive » lors de manifestations récentes.

Maurice Kamto est le principal opposant au président Biya, qui dirige ce pays d’Afrique centrale depuis 38 ans. Sa maison a été encerclée par la police pendant 24 jours. L’opposant a déclaré à des journalistes par téléphone mardi à ce sujet qu’il était toujours empêché de partir et qu’il était « séquestré », sans aucune notification des autorités.

Par ailleurs, une audience du tribunal qui devait se prononcer sur une plainte des avocats de Kamto pour « agression administrative » a été reportée au 20 octobre, apprend-on jeudi auprès d’un journaliste de l’AFP.

Selon les experts des Nations unies, Kamto a été libéré de son assignation à résidence pour avoir appelé à des manifestations pacifiques contre Biya. Ils ont également demandé la libération de dizaines d’autres personnes qui auraient été arrêtées lors des manifestations du 22 septembre.

Dans une déclaration reçue jeudi par l’AFP, le gouvernement a qualifié les commentaires des experts de l’ONU de « subjectifs et biaisés » et les a accusés d’avoir relayé et amplifié des « contre-vérités ». Il a prétendu que Kamto et ses associés avaient défié les lois et règlements en « violant l’interdiction de manifestation publique ».

« Face à de telles menaces à l’ordre public, il incombait naturellement aux autorités publiques de prendre les mesures nécessaires pour faire face à la situation, ce qui a été fait », indique la déclaration, sans s’étendre sur le sujet.

Sur les 294 partisans du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par Kamto, qui ont été arrêtés, elle ajoute que 176 ont été libérés.

« Neuf personnes … formellement identifiées comme étant des dirigeants, des planificateurs ou des organisateurs de marches insurrectionnelles sont actuellement entre les mains de la justice », selon la déclaration.

Quelque 109 personnes ont également été traduites devant les tribunaux de la capitale économique Douala et de l’ouest de Bafoussam.

L’élection présidentielle de 2018 a vu la défaite officielle de Kamto face à Biya. Il a été arrêté en janvier de l’année dernière à la suite d’une marche de protestation contre le vote. Biya a ordonné sa libération neuf mois plus tard sous la pression internationale.

Le 18 septembre de cette année, il a appelé à des manifestations de masse pour exiger des réformes électorales ainsi qu’un cessez-le-feu dans les zones anglophones du pays frappées par l’insurrection.

Quatre jours plus tard, la police a écrasé une manifestation dans la capitale économique du pays, Douala, détenant 93 manifestants dont 58 étaient toujours en détention à la date de mardi, selon leurs avocats. Ils faisaient partie des plus de 500 personnes arrêtées dans tout le pays.

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