Cameroun : les Nations unies accusées de partialité et de soutien à l’opposition

Selon un rapport des Nations unies publié cette semaine, qui demande la libération du principal chef de l’opposition, Maurice Kamto, ce pays est partial, à la fois subjectif et biaisé.

Dans son rapport, l’ONU accuse le Cameroun de museler l’opposition. Le gouvernement camerounais affirme que l’arrestation récente de près de 300 personnes lors d’une manifestation était justifiée parce qu’elles appelaient au renversement du président Paul Biya.

Le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, déclare que le rapport de l’ONU sur les poursuites judiciaires engagées contre le leader de l’opposition Maurice Kamto et ses partisans du Mouvement de la renaissance du Cameroun est sans fondement.

Il affirme que l’arrestation des partisans du Mouvement de la Renaissance du Cameroun le mois dernier était conforme aux lois camerounaises et aux conventions internationales auxquelles le Cameroun a volontairement adhéré.

« Contrairement aux allégations, les concitoyens arrêtés n’ont été soumis à aucun traitement inhumain dégradant quel qu’il soit. En outre, la marche prévue par M. Maurice Kamto n’était en aucun cas une marche pacifique. Dans un message audio, le porte-parole de M. Kamto a solennellement annoncé l’organisation de marches populaires sous le titre « Révolution camerounaise, Paul Biya doit partir. »

A-t-il déclaré.

Il a ajouté que la majorité des civils arrêtés étaient encore en détention et qu’ils feraient face à des accusations d’insurrection, d’hostilité contre l’État et de rébellion collective à l’encontre de celui-ci.

Quant à M. Kamto, il n’a pas été arrêté, mais la police ne l’a pas autorisé à quitter son domicile depuis le 22 septembre. Dans son rapport, le Groupe de travail sur la détention arbitraire et les disparitions forcées ou volontaires du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a demandé aux autorités de libérer Kamto et ses partisans.

En outre, ils ont demandé au gouvernement camerounais de cesser ses manœuvres d’intimidation vis-à-vis des opposants politiques et d’enquêter systématiquement sur toutes les violations présumées des droits de l’homme, y compris les accusations de détentions illégales, de disparitions arbitraires et de violences contre les manifestants, afin de déférer les auteurs de ces actes à la justice.

Plus de 400 partisans ont été arrêtés, dont au moins 200 sont toujours emprisonnés dans diverses régions du Cameroun, a déclaré Christopher Ndong, secrétaire général et conseiller juridique du parti MRC . Ndong a également rappelé que Kamto a été privé de sa liberté.

« La situation n’a pas changé. L’enceinte de Maurice Kamto est sous forte présence militaire et Kamto crie à haute voix à la communauté nationale et internationale pour qu’elle dise à M. Biya de ne pas poursuivre cet acte de barbarie sur les citoyens mais d’écouter, de dialoguer et bien sûr, de s’assurer que le système électoral est changé. C’est tout ce que nous demandons. »

A-t-il déclaré

Pour faire pression sur M. Biya, M. Kamto a appelé à des manifestations le 22 septembre afin d’arrêter les élections régionales du 6 novembre. Il a estimé que le code électoral facilitait la tâche de M. Biya, à qui l’opposition attribue la responsabilité du conflit séparatiste dans les régions occidentales du Cameroun.

Par ailleurs, Godwill Ambe, un partisan de Kamto âgé de 26 ans, a également demandé la libération de tous ceux qui ont été arrêtés et la résolution des problèmes soulevés par le leader de l’opposition afin d’éviter d’éventuels conflits entre civils et militaires.

« Plus ils le gardent dans la maison, plus ils provoquent les partisans et aussi, comme vous pouvez le voir, le Cameroun est comme un volcan en activité. Tout peut arriver à tout moment. Et la majorité des supporters de Kamto sont des jeunes, et ils peuvent faire n’importe quoi à tout moment parce qu’ils sont mécontents »

Déclare M. Ambe.

Depuis qu’il a accusé Biya d’avoir truqué les élections présidentielles de 2018, M. Kamto fait l’objet de harcèlement périodique. En janvier 2019, les forces de police ont appréhendé Kamto ainsi que 200 de ses partisans pour avoir protesté contre les résultats de l’élection. Au vu des protestations internationales, le président Biya a amnistié et fait libérer M. Kamto en novembre dernier.

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