Cameroun : Les experts des droits de l’homme des Nations unies demandent la fin de la détention et de l’intimidation des manifestants pacifiques

EN Ce jour, des spécialistes des droits de l’homme des Nations unies ont exigé que le Cameroun libère le principal dirigeant de l’opposition ainsi que les autres personnes arrêtées lors des manifestations pacifiques dans tout le pays, de même qu’il cesse d’intimider les militants politiques.

Ils demandent également que le Cameroun enquête de manière impartiale sur toutes les violations des droits de l’homme, y compris les allégations de disparitions forcées, de détention arbitraire et de mauvais traitements infligés aux manifestants, et que les auteurs de ces actes soient traduits en justice.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par les arrestations massives de manifestants pacifiques et de militants politiques qui expriment leur dissidence », ont déclaré les experts. Plus de 500 personnes auraient été arrêtées à la suite des manifestations organisées par l’opposition le 22 septembre, et quelque 200 seraient toujours en détention. Elles pourraient être accusées de terrorisme et d’atteinte à la sécurité nationale et être jugées par un tribunal militaire pour avoir exercé leurs libertés fondamentales.

 » Le recours excessif à la force contre des manifestants pacifiques par les forces de sécurité camerounaises nous inquiète « 

, ont déclaré les experts.

La violence contre les manifestants a été aveugle, avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau utilisés pour les disperser violemment ».

En réponse à l’appel du parti principal d’opposition qu’est le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), les manifestants se sont rendus dans tout le pays pour réclamer un dialogue national, des réformes du système électoral et le retour de la paix dans les régions anglophones du pays. Dans certaines régions du pays, les autorités ont interdit les manifestations et ont qualifié d’illégale toute tentative de rassemblement. Le gouvernement a également déployé des forces de sécurité importantes pour empêcher ces manifestations déclarées pacifiques.

De plus, les experts ont exprimé leur inquiétude face aux informations faisant état de tortures des manifestants et de journalistes en détention depuis la date du 22 Septembre. « C’est vraiment inacceptable », ont-ils déclaré. « L’interdiction absolue de la torture et de toute forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant est inscrite dans le droit international des droits de l’homme et ne peut être justifiée ».

Ces derniers ont appelé le Cameroun à libérer le président du MRC, le Professeur Maurice Kamto, qui est assigné à résidence avec sa famille depuis la nuit du 22 septembre. Les forces de sécurité l’ont empêché de communiquer avec les membres de son parti et ses avocats, et de prendre part aux manifestations.

« L’assignation à résidence de Kamto pourrait équivaloir à une privation de liberté, en violation de ses droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, ainsi qu’à la liberté et à la sécurité de la personne. Nous avons déjà fait part de nos préoccupations à l’État et nous rappelons au Cameroun qu’en vertu du droit international, tout individu a le droit d’organiser et de participer à des réunions pacifiques, de s’associer avec d’autres et de prendre part à la conduite de la vie publique. Aucun de ces actes n’est un crime, et le Cameroun devrait célébrer et accepter la dissidence, car une véritable démocratie prend en compte les demandes de la population au lieu de les réprimer ».

Déclarent les experts.

Étant donné que des élections régionales doivent avoir lieu dans tout le pays dans les mois à venir, ces experts en droits de l’Homme ont appelé les autorités camerounaises à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir un environnement propice à des élections pacifiques et transparentes.

« Toute action susceptible d’alimenter de nouvelles tensions sociales doit être évitée, et les voix du peuple et de ses représentants doivent être pleinement prises en compte ».

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