Cameroun : Risque de cancer du col de l’uterus est élevé pour des millions de filles, car les parents refusent la vaccination contre le VPH

Le Cameroun compte plus de 9 millions de filles âgées de 9 ans et plus qui risquent de développer un cancer du col de l’utérus parce que leurs parents ont été convaincus que le vaccin contre le papillomavirus humain, ou VPH, rend leurs filles stériles. Certaines communautés qui avaient accepté la vaccination la refusent à présent, prétendant que ce qui est administré maintenant sont des vaccins COVID-19 expérimentaux dangereux. Le gouvernement, les médecins et le personnel médical féminin s’efforcent maintenant de convaincre les parents que la vaccination contre le papillomavirus réduit le risque de cancer du col de l’utérus.

Pour contrecarrer ces préjugés, des groupes composés de 20 jeunes femmes se déplacent de marché en marché ainsi que dans des lieux populaires de la capitale camerounaise, Yaoundé, afin de partager des affiches et expliquer aux Camerounais que le vaccin anti-papillomavirus ne rend pas les filles stériles. Parmi elles se trouve Linda Fonyuy, une mère de 21 ans.

« Je témoigne, par exemple, que j’ai reçu mon vaccin dès 2014 et qu’aujourd’hui, je suis mère de deux enfants ».

Selon Linda Fonyuy

Pour Gloria Amana, une vendeuse de fruits de 40 ans, Fonyuy ne l’a pas convaincue. En effet, de nombreuses informations négatives sur le vaccin ont circulé sur les plateformes des médias sociaux. Elle dit qu’elle veut être grand-mère, donc elle rejette tout vaccin qui stériliserait ses filles.

Au cours de ce mois, le Cameroun a mis en place une utilisation systématique du vaccin contre le VPH. Cette initiative a été lancée pour la première fois en 2014 et est en phase de démonstration en ce moment.

Cette campagne nationale a été organisée par le gouvernement et des organisations telles que l’Association des femmes médecins du Cameroun pour convaincre les parents que le vaccin contre le HPV protège leurs enfants contre le cancer du col de l’utérus.

Pour Céline Mairousgou, coordinatrice du Programme de vaccination au Cameroun, à la frontière nord du pays avec le Nigeria, le vaccin a suscité une grande controverse depuis que le Cameroun a signalé son premier cas de coronavirus en mars. 

Selon elle, la première raison pour laquelle le vaccin est devenu controversé est qu’il est gratuit. Elle affirme que le vaccin est gratuit parce que le gouvernement veut réduire l’incidence du cancer du col de l’utérus parmi ses citoyens et que les gens devraient cesser de prétendre qu’il ne s’agit pas d’un vaccin contre le VPH, mais de vaccins anti-COVID-19 que les pays occidentaux ont payé pour tester au Cameroun. Celle-ci affirme que le vaccin est administré avant le premier rapport sexuel d’une jeune fille, au moment où le virus qui provoque le cancer du col de l’utérus peut être contracté.

Le professeur émérite d’immunologie à l’université de Yaoundé, Rose Leke, affirme que la controverse a atteint son paroxysme lorsque, lors d’une discussion télévisée en avril dernier, deux médecins français – dont l’un est à la tête d’une unité de soins intensifs à Paris – ont suggéré de mener des essais de vaccins contre le COVID-19 en Afrique.

Toujours selon Pr Leke, le vaccin contre le HPV n’a rien de commun avec ce que les médecins français ont proposé.

« Tout le monde devrait savoir que le gouvernement travaille avec l’UNICEF, et ce qui vient ici, je peux vous l’assurer, est de bonne qualité. Les gens devraient se demander quel gouvernement va continuer à détruire sa population ? Les gens devraient donc obtenir cette confiance et je pense que le chef des communautés et ainsi de suite devraient également être responsables de transmettre les messages corrects aux communautés », a déclaré Pr Leke.

D’après le Professeur Rose Leke

Pour le gouvernement et ses partenaires de santé, il s’agit de combattre le coronavirus, mais sans négliger les autres maladies mortelles. Le gouvernement demande aux organisations, aux législateurs et aux membres du personnel médical de convaincre les gens que les vaccins les protègent et qu’aucun vaccin n’est destiné à tuer ou à rendre les filles stériles.

En vertu du programme élargi de vaccination du Cameroun, 1 500 femmes meurent chaque année du cancer du col de l’utérus dans ce pays d’Afrique centrale. Environ 11 millions d’entre elles devraient être vaccinées à partir de ce mois-ci. 

Par ailleurs, les centres américains de contrôle et de prévention des maladies recommandent la vaccination contre le VPH pour les filles de 11 et 12 ans. Il est également recommandé pour les filles et les femmes de 13 à 26 ans qui n’ont pas encore été vaccinées ou qui n’ont pas encore terminé la série de vaccins. Le centre indique que le vaccin peut également être administré aux filles dès l’âge de 9 ans pour les protéger contre les cancers causés par le HPV. 

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