Cameroun : la police poursuit et bat les partisans du learder de l’opposition

Des témoins affirment que la police camerounaise a poursuivi et battu au moins 200 partisans de l’opposition devant le domicile du leader de l’opposition Maurice Kamto, qui est de facto assigné à résidence depuis plus d’un mois. 

La police anti-émeute a été déployée au domicile de Kamto cette semaine pour contenir les foules de partisans qui réclament sa libération.  La police a empêché Kamto de quitter son domicile après qu’il a organisé des manifestations anti-gouvernementales en septembre. 

Ce jeudi, une partisane inconnue du leader de l’opposition Maurice Kamto s’est déshabillée devant son domicile et a crié à la forte présence policière que sa détention d’un mois était illégale.

Âgée d’une cinquantaine d’années, la femme a crié qu’elle ne partirait pas tant que la police n’aurait pas autorisé Kamto à sortir de chez lui pour lui parler.

Parmi plus de 200 partisans de l’opposition réunis devant la maison de Kamto, elle faisait partie de ceux qui se sont rassemblés pour marquer le premier mois de détention illégale depuis que la police a encerclé son domicile, le plaçant de facto en résidence surveillée.

Selon Giselle Malongo, une partisane de Kamto, provenant de la ville de Bafoussam, dans l’ouest du pays, a demandé pourquoi Kamto a été empêché de quitter sa maison depuis le 22 septembre.

A cette occasion, elle a révélé aux journalistes que la police avait violemment brutalisé et empêché les partisans de rencontrer Kamto, un homme qu’elle qualifie comme étant « leur président ». De plus, Malongo a affirmé que la police armée a saisi les téléphones portables des partisans qui essayaient de prendre des photos (des affrontements). De même, la police les a empêchés de livrer des dons de nourriture à Kamto et à sa famille.

En outre, un journaliste a vu la police battre et bloquer les partisans de Kamto, dont certains essayaient de donner de la nourriture.

De son côté, Christopher Ndong, secrétaire général et conseiller juridique du parti de Kamto, le MRC, a déclaré que la police avait tellement battu 13 partisans qu’ils avaient dus être soignés à l’hôpital.

« Kamto était très furieux de ce geste des militaires qui refusaient que des gens viennent lui donner de l’aide alimentaire après qu’il a été enfermé pendant un mois. Il y a eu beaucoup d’échanges chauds. Nous dénonçons l’attitude du gouvernement et de ses agents militaires. Nous disons qu’en fait, c’est une violation des principes et des droits démocratiques ».

Christopher Ndong

La police camerounaise n’a fait aucune déclaration officielle sur les affrontements et n’a pas voulu répondre aux questions d’un journaliste. 

Bien que les autorités n’aient pas officiellement déclaré que Kamto était assigné à résidence, la police ne lui a pas permis de quitter son domicile depuis qu’il a organisé des manifestations anti-gouvernementales à l’échelle nationale en septembre.

Le ministre de l’administration territoriale du Cameroun, Paul Atanga Nji, a déclaré que la police surveille Kamto parce qu’il fait l’objet d’une enquête pour hostilités contre l’État.

« Je veux avertir sévèrement les politiciens sans scrupules qu’ils seront confrontés à la loi. Il doit être clair que l’abandon des poursuites judiciaires n’implique pas que les accusations ont été abandonnées. Tout nouvel acte de désordre public les ramènera à la case départ ».

Paul Atanga Nji

Rappelons que les protestations de l’opposition de septembre étaient contre la tenue des élections régionales du 6 décembre au Cameroun.

L’opposition affirme que les lois électorales favorisent le président Paul Biya et son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, qui est au pouvoir depuis de nombreuses années.

Le président Biya est au pouvoir depuis 38 ans, ce qui fait de lui l’un des plus anciens dirigeants d’Afrique.

Kamto et environ 200 partisans ont été emprisonnés l’année dernière pour avoir protesté contre les résultats des élections présidentielles de 2018, qui ont désigné Biya comme vainqueur. Il a été libéré au bout de neuf mois à la suite de pressions internationales.

Après cette libération, la police camerounaise a surveillé de près ses activités et tous ses rassemblements et manifestations politiques ont été déclarés illégaux.

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