CAMEROUN : Entre Sacrifice Humain et "FAMLA", les populations sont ceux là qui en paient le prix

Paranoïa, vue de l’esprit, fantasme ou mauvaise foi, les Camerounais croient sérieusement que derrière les malheurs qui fondent ces derniers temps sur eux telle une nuée de sauterelles, il y a la main obscure des forces des ténèbres qui inspirent et contrôlent leurs élites.

 

Au milieu des pleurs et des grincements de dents qui sont redevenus leur violent lot quotidien depuis quelques jours, les habitants du Cameroun se demandent si la décimation des leurs par graves accidents de la circulations et incendies d’envergure n’ont pas pour but ultime de requinquer leurs dirigeants séniles, presque fossilisés, qui, se sentant au crépuscule de leur vie, n’hésitent pas à se servir des moyens mystiques dont ils ont le secret, pour y faire passer des citoyens qui ne sont pour eux ni plus ni moins que de la viande hachée ou de la graine à récolter, conformément aux recommandations qui leur sont faites par les ordres satanico-ésotériques que fréquentent ceux-là qui accèdent aux pouvoirs politiques, économiques et/ou financiers au prix d’innommables compromissions.

 

C’est un véritable enfer au Cameroun ou dans l’ensemble, presque chaque famille vit sa part de drame, de catastrophe ou de sinistre pendant ces périodes de « fêtes de fin d’année » tournée en dérision ici par l’appellation « faîte de fin des damnés ».  

 

Les derniers sinistre les plus courus en date sont l’incendie qui a eu lieu aux premières heures du lundi 28 décembre, au marché Mboppi dans la capitale économique, Douala, situé à deux ou trois minutes de la caserne des Sapeurs-pompiers de Ngodi, mais qui a eu le temps de consumer pas moins de 21 boutiques, et la mort de Père Hervé Marie Simo, Aumônier Général du Collège VOGT à Yaoundé, qui a rendu l'âme suite à un accident de circulation sur la route de Douala, le 30 décembre dernier. 

 

Bien avant ces deux drames, un autre, tout aussi grave, avait réduit en cendres le 19 janvier, près d’une dizaine de logements dans une mini-cité au quartier New-Deido, toujours à Douala, réduisant au “glorieux” statut de sans-abris de nombreuses familles. Alors que la caserne des sapeurs-pompiers n’est située qu’à environ 10 minutes du lieu du sinistre, les sapeurs ne sont arrivés qu’à 22 heures 48 minutes alors que les populations qui les appelaient au secours depuis 21 heures se battaient corps et âme contre des flammes impitoyablement ravageuses.

 

Ces dernières heures, de nombreux autres drames se sont signalés çà et là dans le pays, rappelant aux citoyens cette politique des incendies des habitations et infrastructures (espaces marchands, hôpitaux et établissements scolaires) pratiquée dans les zones anglophones où l’armée est en guerre contre les séparatistes. 

 

De très mortels accidents de la circulation

 

 

Comme s’ils étaient traqués et cernés de toutes parts par le malheur, les Camerounais qui ont échappé aux incendies, doivent faire face aux accidents de la circulation avec leurs cortèges de morts.

 

Dans la nuit du 25 au 26 décembre un bus de 70 places de l’agence de voyages AVENIR en provenance de Foumban, dans la région de l’Ouest  qui avait fait le plein des passagers est allé échouer dans les ravins à Ndikiniméki, près de Bafia, dans la région du Centre. Officiellement, les autorités parlent de 37 morts, des sources hospitalières parlent de 57 décès tandis que des témoins sur place affirment qu’il n’y a pas eu un seul survivant, même pas le chauffeur.

 

 

Pas plus tard qu’hier, vers 23:00, un de nos lecteurs, d'idionyme Son Aphérèse alias "Google", nous a rapporté dans un groupe sur WhatsApp, avoir été comme bien d'autres, témoin oculaire d'une scène qui s'apparentait à un assassinat orchestré par un conducteur de Hyundai, qui roulait désordonnément de la route, augurant de l'extérieur une situation de kidnapping complice d'une violence inouïe, qui plus tard sera succédée de l'expulsion d'une jeune fille de l'intérieur, à quelques encâblures de Yassa, le long d'une ruelle non goudronnée. Ce dernier ainsi que le benskineur qui le transportait, ont millimétriquement échappé à un accident mortel car dit-il, cette Hyundai les a effleurés, apeuré, le benskineur a préféré prendre ses jambes à son coup. 

 

screenshot rogné

 

 

 

La liste est longue et non exhaustive des drames qui frappent les familles camerounaises, et auxquels il faut ajouter, comme le signalent nos correspondants à Yaoundé et à Douala une trentaine d’accidents graves impliquant des conducteurs de motos-taxis. Certes, ces derniers ont bon dos lors des accidents en raison de leur présumée mauvaise éducation, mais des esprits fouineurs et un peu méchantes langues croient savoir que ce sont des cobayes récoltés par les cercles mystiques qui soutiennent « les gens bien de là-haut » dans leur consolidation du pouvoir.

 

Pour de nombreux Camerounais alors, ces incendies qui ravagent parfois toute une agglomération sous la barbe et les nez des sapeurs-pompiers, ou ces accidents qui parviennent à défier tous les dispositifs de sécurité routière déployés à grand renfort de publicité (Ces dernières années au Cameroun, on a vu les médias audiovisuels et écrits faire des gorges chaudes sur la montée au créneau de généraux de la gendarmerie ou du Secrétaire d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie, venus personnellement en renfort aux gendarmes du rang sur les axes lourds, et s’exerçant à sanctionner les usagers de la route coupable d’excès de vitesse), ne sont ni plus ni moins que du “Famla”. 

 

 

Dans un groupe sur WhatsApp 

 

 

« Vous allez voir que demain jeudi, 31 décembre, lors de son discours de fin d’année, le président qui est apparu avachi en novembre dernier, à l’occasion des obsèques de sa sœur aînée, aura rajeuni de deux décennies au moins, la verve et la beauté en plus », remarque Santana (**), un habitant de Yaoundé qui a la vaniteuse prétention d’avoir décelé le mystère des accidents et des incendies, et qui se moque de ceux qui, à l’instar du dirigeant de l’opposition camerounaise, Maurice Kamto, « continuent de se convaincre que le régime actuel des buveurs de sang peut être débarrassé par la lutte démocratique. Plus vous leur donnez du sang à verser et à récupérer par des moyens mystiques pour des orgies ténébreuses, mieux ils se portent. Et si vous ne leur en donnez pas à l’occasion des manifestations pacifiques, ils vont en obtenir dans les accidents et les incendies.» 

 

Santana ajoute qu’« En dehors du sang des humains tués lors des marches de protestation, les plaintes et gémissements des citoyens cernés par la misère matérielle, ou leur sueur versé lors des extinctions des incendies comme de n’importe quel dur labeur sans contrepartie équitable qu’on leur impose, constituent les matériaux de choix pour fabriquer une imparable énergie mystique pour les seigneurs de ce monde, qui sont les seuls à pouvoir sacrifier certains des leurs quand les puissances maléfiques dont ils tirent leur pouvoir leur demandent du “sang noble” pour garantir une longue vie au chef qui jouit alors du privilège de repousser à plus loin sa mort. Quand vous dînez avec un vampire, il faut vous faire à l’idée, que lorsque le menu apprêté sera épuisé, il se régalera de vous ».

 

Calcy (*) n’est pas d’accord avec Santana : « On dit que ces gens ont été vendus par nos dirigeants pour se refaire une santé. Ce que ces gens ne savent pas, c’est que le Cameroun est un pays béni par Dieu, et que le mal ne peut pas avoir d’emprise sur les citoyens de ce pays, même si cela vient de nos dirigeants. Or nos dirigeants en question sont des gens qui prient Dieu avec ferveur et assiduité. On ne peut pas être avec Beelzébut et être agréé dans les églises et les mosuées par Dieu. Le coronavirus a tué depuis mars 2020 plus que tous ces accidents et incendies. Ce phénomène-là vous l’imputez à qui ? »

 

Comme quoi, les affaires du Cameroun sont résolument très compliquées. 

 

 

Qu'est-ce que le "famla" ? 

 

Un correspondant, étudiant en Sociologie, nous rapporte que cette expression est consacrée chez les Bamilékés de l'Ouest-Cameroun, et a finalement été acceptée par les autres communautés du pays comme une pratique occulte propre aux Bamilékés, mais dont la pratique ne leur est pas exclusive. Signifie littéralement "village abandonné" ou encore "cimetière". Selon la légende, la pratique du famla consiste, pour de grands commerçants ou planteurs, ou des dépositaires du pouvoir temporel, à échanger à chaque réquisition, des vies humaines contre l'accroissement de leurs richesses ou la consolidation de leurs pouvoir. Les êtres humains ainsi vendus au "Famla" appelé "Koupé" par les habitants de la plaine littorale parce qu'aux pieds du mont Koupé, situé entre le Cameroun francophone et le Cameroun anglophone, s'était établie une large population agricole dont une frange considérable uniquement constituée de gens veules, travaillant machinalement sans jamais lever la tête, même pas pour répondre aux voyageurs passant près de leurs champs. Ces travailleurs zombifiés, qui commençaient à travailler dès la tombée du jour et qui faisaient montre d'une force de travail incomparable, disparaissaient à l'aube, se faisant substituer par des agriculteurs connus et identifiables mais moins dynamiques. On en déduisait donc que la grande et magnifique production agricole était le fait des "tâcherons de la nuit" qui ne percevaient pas de rétribution, leur rémunération étant directement versée aux seigneurs qui les avaient vendus au Famla ou Koupé à travers une mort qui n'était qu'apparente, puis qu'une fois que les vendus étaient ensevellis, des sorciers et magiciens travaillant pour le compte de ceux qui les avaient vendus, venaient les ressusciter ou réanimer, en veillant par des procédés mystiques, à annihiler leur volonté et leur raison, pour en faire des robots humains travaillant plus qu'il n'est admissible qu'un être de chair et de sang puisse le faire.

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