Cameroun : Des militants craignent pour le sort des demandeurs d’asile que les États-Unis envisagent d’expulser

En raison de la condamnation des groupes de défense des droits de l’homme, une seconde vague de requérants d’asile camerounais devrait être expulsée des États-Unis mardi. Les activistes craignent que les Camerounais, pour la plupart anglophones, soient poursuivis pour leur implication présumée dans le conflit séparatiste du pays. Le sort du premier groupe de demandeurs d’asile camerounais expulsés des États-Unis le mois dernier suscite également des inquiétudes croissantes.

Selon les médias camerounais, 36 citoyens du Texas arriveront à Douala mardi après l’échec des demandes d’asile aux États-Unis.

Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme ont condamné ces expulsions, qui constituent le deuxième groupe de demandeurs d’asile camerounais renvoyés par les États-Unis depuis octobre, date à laquelle 86 d’entre eux ont été renvoyés.

Pour le secrétaire général du Centre camerounais pour la paix et la protection des droits de l’homme, Ignatius Njowir, les États-Unis exposent les Camerounais, principalement anglophones, à la torture en raison de leurs liens présumés avec une rébellion dans l’ouest du pays.

« Il est dommage de voir un pays comme les États-Unis que le monde admire pour sa démocratie, de les voir expulser des Camerounais, les Africains sachant parfaitement ce qui se passe dans leur pays et ce que ces gens ont vécu avant de s’échapper en Amérique ».

A déclaré M. Njowir.

Parmi le groupe déporté en octobre, se trouvait le frère cadet du commerçant camerounais Yaya Claudine, âgé de 40 ans.

Celle-ci dit qu’il a été libéré mais qu’il s’est caché depuis, avec d’autres personnes qui ont été libérées, par crainte de poursuites judiciaires.

« Lorsque ces personnes sont revenues, elles ont été détenues pendant deux semaines. Le gouvernement a libéré certains d’entre eux à la condition qu’ils continuent d’enquêter pour savoir s’ils (les demandeurs d’asile) soutenaient les combattants séparatistes. Ensuite, ceux qui n’étaient pas libres sont toujours là (détenus) et ceux qui ont été libérés vivent dans la clandestinité car ils ne connaissent pas le résultat de l’enquête. Nous ne savons même pas où certains d’entre eux se cachent ».

Déclare Claudine.

De plus, la dernière fois que les demandeurs d’asile ont été vus en public, c’était le 14 octobre, lorsque des policiers armés les ont escortés depuis l’aéroport international de Douala.

Dans une déclaration du gouvernement lue sur la chaîne de télévision publique Cameroon Radio Television (CRTV), il est dit que certaines des personnes expulsées ont été libérées après avoir reçu un traitement médical.

D’autres personnes ont été détenues pour enquête, dont trois déserteurs militaires qui seront poursuivis en justice.

En outre, les autorités n’ont pas précisé combien de demandeurs d’asile ont été libérés, combien font l’objet d’une enquête et pour quels crimes.

En revanche, le ministre camerounais délégué auprès du ministre de la justice Jean de Dieu Momo nie que les personnes expulsées par les États-Unis aient été torturées. Mais il a déclaré que tous les Camerounais qui ont enfreint la loi seraient traduits en justice.

Il a ajouté que certains Camerounais de la diaspora, et d’autres qui s’échappent de leur pays, ont été très hostiles et injustes envers leur nation d’origine. Il a ajouté que si le gouvernement écoute les doléances légitimes, il est bon pour ceux qui commettent des crimes de faire face à la loi.

En ce qui concerne le Cameroun, le gouvernement accuse la diaspora américaine de parrainer les rebelles anglophones dans les régions occidentales de la nation majoritairement francophone.

Plus de 3000 personnes ont été tuées dans le conflit séparatiste qui dure depuis quatre ans au Cameroun et un demi-million d’autres ont été déplacées, selon les Nations Unies.

Après avoir été déportés en octobre, les Camerounais sont entrés mardi aux États-Unis l’année dernière en passant par l’Amérique du Sud et le Mexique pour demander l’asile.

Cette année, le gouvernement du président américain Donald Trump a renforcé les restrictions imposées aux immigrants et aux demandeurs d’asile.

Conformément à sa politique, l’Immigration et les douanes américaines (ICE) ne commentent les expulsions qu’après qu’elles ont eu lieu.

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